Brèves mobilités

Chaque semaine, l’équipe de Transitions & Mobilités analyse et  commente pour vous les actualités les plus impactantes sur les mobilités.

Voilà un sujet qui amuserait notre fabuliste national (après diligences, Jean de la Fontaine n’a pas écrit de fable avec ce titre 🤦). Les constructeurs automobiles multiplient les ‘coopérations’. Rien de neuf diraient certains, de longue date, l’industrie automobile a vu des coopérations dans le domaine des achats et de la fourniture de composants clés comme les moteurs ou transmissions. Cette recherche d’économies d’échelle connaît son paroxysme avec les stratégies de commonalisation chères aux dirigeants de Volkswagen, de l’Alliance Renault Nissan Mitsubishi ou demain Stellantis (le ‘mariage’ de PSA Opel et Fiat Chrysler Automotive). Or c’est cette fois la réglementation environnementale qui incite aux alliances, plus ou moins éphémères et opportunes..

Uber nous annonçait des VTC autonomes pour bientôt. Et maintenant ? Uber vend sa division véhicule autonome ?! A côté de ça, les constructeurs annoncent un repli stratégique à propos des véhicules autonomes et Einride annonce des véhicules en location pour 2021 ?! Alors on en est où ?

La crise sanitaire n’en finit plus de durer. Dans ce contexte, les opérateurs du transport en commun (Keolis, Transdev, RATP Dev…) ne savent plus équilibrer les budgets, dans un secteur où les coûts fixes sont élevés. Cette crise sanitaire va certainement changer durablement nos pratiques :  recours plus fréquent au télétravail, horaires décalés, montée des modes actifs (vélo, trottinette, marche à pied). Le modèle économique des transports en commun (bus, métro, tramway, RER, train,TER…) est-il à revoir ? Les sources de financement sont essentiellement de trois natures reposant sur des subventions des collectivités locales, le Versement Mobilité et la tarification voyageurs. La question est posée ; le ministre délégué chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a annoncé le lancement d’une mission sur l’avenir du modèle économique des transports en commun, confiée à Philippe Duron.  La crise sanitaire s’impose comme une opportunité pour repenser l’offre et le modèle économique des transports en commun. Chiffres et constats clés (Observatoire de la mobilité – nov 2020 – UTP) 48,8 millions d’habitants desservis par les transports publics urbains, soit 73% de la population française sur 28% du territoire métropolitain La crise sanitaire : une opportunité pour repenser l’offre ? 23% des Français tentés de déménager pendant le confinement 10% envisagent de quitter la ville dans les années à venir (septembre 2020) 30% d’actifs en télétravail pendant le confinement (contre 7% avant la crise) La crise risque de modifier le phénomène d’hyper-concentration urbaine : – La raréfaction des ressources ne doit pas conduire à une diminution, […]

L’histoire se passe en 1954. Le ministre des transports allemand propose un projet d’avenir : relier les pays autour de l’Allemagne avec des lignes ferroviaires transfrontalières ! Ce sera le Trans Europ Express ! ! Ah désolé pour moi, nous sommes en 2020 et ce sera le Trans Europ Express 2.0. L’objectif est de proposer d’ici 2025 un réseau ferroviaire transeuropéen : à grande vitesse le jour et en trains couchettes la nuit. Si ce n’est la solution pour remplacer l’avion, ces trains pourront en faire partie, dans un contexte où les voyageurs abandonnent de plus en plus l’avion pour les trajets courts. Créé en 1954 le réseau Trans Europ Express a associé à l’origine les réseaux CFF (Suisse), CFL (Luxembourg) DB(Allemagne), FS(Italie), NS(Pays-Bas), SNCB(Belgique), SNCF (France). Les premières relations ont été lancées en 1957 et le système a disparu au débit des années 1980. Source : L’Allemagne propose le réseau Trans-Europ-Express 2.0 du XXIe siècle

Dacia va-t-elle être la marque qui va populariser la voiture électrique en France ? Renault a annoncé la Dacia Spring 100% électrique pour 2021 à 17 700 € pour le « haut de gamme », ce qui laisse envisager un tarif à partir de 15 000 ou 16 000 € . Les premières estimations annonçaient quant à elle un prix avec primes autour des 10 000 €, nous serons donc plus autour de 11 000 ou 12 000 €. La solution pour arriver à ce prix ? La Dacia Spring est une européanisation de la City K-ZE de Renault commercialisée en Chaine, qui est elle-même basé sur la Kwid, l’ultra low-cost lancée en Inde. La Dacia Spring sera donc une citadine aux performances modestes fabriquée en Chine pour arriver à un prix raisonnable. Est-ce la recette pour démocratiser la voiture électrique en France ? La capacité batterie reste correcte pour un véhicule à l’usage purement citadin mais la puissance apparait clairement limitée. Sources : Dacia Spring : nos impressions à bord de la voiture électrique la moins chère du marché Dacia Spring électrique (2020) : un premier prix dévoilé ! Dacia Spring : la voiture électrique à 10 000 € arrive

Panneau attention école

Une des grandes problématiques du Mobility As A Serivce (MaaS) est le paiement centralisé d’un trajet multi-opérateur. La Bretagne a déjà la carte KorriGo qui permet d’avoir un seul support pour recharger des billets / tickets de différents types de transports. « Proposer un service au plus près des besoins des usagers » Est-ce aussi dans ce sens que la région a profité de sa prise de compétence sur les transports scolaires des collèges pour unifier les tarifs scolaires sur toute la région? Elle simplifie aussi les tarifs des cars interurbains. La Bretagne sera-t-elle la première région complètement Maas-sifiée ? Source : Communiqué · Transports scolaires, Scolaire+, tarification, nouveaux services… : c’est aussi la rentrée pour le réseau de transports BreizhGo · Région Bretagne

En Septembre 2016, Carlos Tavares annonçait le lancement de Free2Move. Une marque pour fédérer un ensemble de services de mobilités pour satisfaire les nouveaux besoins de déplacements. Cela prend la forme d’une plateforme et d’une application. Aujourd’hui, Free2Move devient une filiale de PSA et s’adosse aux concessions du groupe. Ainsi la nouvelle application propose des voitures du parc PSA à louer sur une durée courte, longue, voire en autopartage. Les concessions deviennent les agences de locations Free2Move. Une stratégie qui donne une cohérence à l’offre globale et qui mutualise des coûts pour le groupe. Par ailleurs, dans les villes moyennes, les concessions sont souvent idéalement placées en bordure de ville. Donc elles sont une transition parfaite entre mobilité urbaine et grande mobilité. Par contre pour les grandes villes, les concessions sont souvent hors des villes dans les zones d’activités … « Rentable en 2021, c’est sûr » Les concessionnaires, futurs hubs d’échanges des mobilités ? A voir si le modèle prend ! Source : Après les voitures, PSA se rêve en champion des services de mobilité | Les Echos

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Renouveler sa flotte de véhicules, Aïe ! C’était plus simple avant ! Avant quoi ? Le nouveau cycle de test de véhicules mis en place le 1er mars 2020, la hausse de la fiscalité pour les véhicules dont les émissions de CO2 dépassent 120 grammes par kilomètre, la prime à la conversion, la loi d’orientation des mobilités (LOM), dont l’une des mesures phares oblige à renouveler 10 % d’une flotte avec des véhicules à faible émission, de moins de 60 grammes de CO2 par kilomètre, à horizon 2022… L’équation se complique : émissions carbone, fiscalité, usages, kilométrage, coût du carburant. Les loueurs et concessionnaires voient leur métier évoluer. Les clients ont de nouvelles demandes et attentes dont un accompagnement à la prise de décision plus poussé. Les loueurs et concessionnaires doivent investir sur le conseil, qualifier plus précisément les flottes et usages de leurs clients, développer des outils d’aide à la décision ce qui a pour conséquence d’allonger le cycle de vente. Les gestionnaires des flottes automobiles des entreprises obligés de se mettre au vert. ÉRIC CODER L’USINE AUTO , CONSTRUCTEURS , RENAULT , PSA , GUIDE DE L’INGÉNIEUR PUBLIÉ LE 26/08/2020 Les loueurs de longue durée, acteurs majeurs du secteur, proposent des solutions adaptées aux nouvelles contraintes fiscales – et environnementales. Source : Les gestionnaires des flottes automobiles des entreprises obligés de se mettre au vert – Mobilité

Comment une entreprise de camion hydrogène qui n’a jamais produit un véhicule, qui ne compte pas en vendre un avant 2023 peut être valorisé 31 milliards d’euros ? Car son fondateur n’en est pas à son coup d’essai, qu’il tisse de forts partenariats pour avancer, lui conférant 14 000 pré-réservations de camions, qu’il mise sur la technologie d’un moteur électrique, permettant d’avoir une version de son camion sur batterie et qu’il ne cache pas ses ambitions : développer un pick-up qui détrônera le plus vendu des pick-up, le Ford F-150.   Tout pour plaire à des investisseurs ! Reste à voir si la technologie hydrogène et le déploiement des stations suivent et si la concurrence asiatique, très avancée sur l’hydrogène, ne le double pas. Pourtant, le fondateur, en 2015, de la société, Trevor Milton, un « serial entrepreneur » de 38 ans, a convaincu de nombreux observateurs et financiers que son entreprise pourrait être une nouvelle Tesla. Source : Nikola ou quand le camion à hydrogène enflamme la Bourse

Faire émerger une filière de démantèlement des batteries ouvre des perspectives de création de valeur et d’emplois pour l’économie européenne. Ce questionnement très actuel à l’heure de la crise post-COVID19 traverse l’économie dans son ensemble. Compte-tenu de la part de la batterie dans la valeur des véhicules rechargeables, elle devient essentielle.