Brèves mobilités

Chaque semaine, l’équipe de Transitions & Mobilités analyse et  commente pour vous les actualités les plus impactantes sur les mobilités.

Nikola ou quand le camion à hydrogène enflamme la Bourse

Comment une entreprise de camion hydrogène qui n’a jamais produit un véhicule, qui ne compte pas en vendre un avant 2023 peut être valorisé 31 milliards d’euros ? Car son fondateur n’en est pas à son coup d’essai, qu’il tisse de forts partenariats pour avancer, lui conférant 14 000 pré-réservations de camions, qu’il mise sur la technologie d’un moteur électrique, permettant d’avoir une version de son camion sur batterie et qu’il ne cache pas ses ambitions : développer un pick-up qui détrônera le plus vendu des pick-up, le Ford F-150.   Tout pour plaire à des investisseurs ! Reste à voir si la technologie hydrogène et le déploiement des stations suivent et si la concurrence asiatique, très avancée sur l’hydrogène, ne le double pas. Pourtant, le fondateur, en 2015, de la société, Trevor Milton, un « serial entrepreneur » de 38 ans, a convaincu de nombreux observateurs et financiers que son entreprise pourrait être une nouvelle Tesla. Source : Nikola ou quand le camion à hydrogène enflamme la Bourse

Quand enjeux climatiques et souveraineté industrielle se conjuguent. De la nécessité d’une filière batterie structurée jusqu’à la fin de vie.

Faire émerger une filière de démantèlement des batteries ouvre des perspectives de création de valeur et d’emplois pour l’économie européenne. Ce questionnement très actuel à l’heure de la crise post-COVID19 traverse l’économie dans son ensemble. Compte-tenu de la part de la batterie dans la valeur des véhicules rechargeables, elle devient essentielle.

Crédibles les taxi volants ?

La voiture volante est un fantasme ancien, une vision du futur mobile libéré de l’apesanteur. L’automobile a permis pour ceux qui y ont accès une formidable liberté. Une liberté néanmoins à une dimension, le long de la route, route victime de son succès et de plus en plus saturée compromettant  la liberté acquise. La voiture volante donnerait d’un coup 3 dimensions de liberté, plus besoin de route ! Le service de taxi volant techniquement pour bientôt L’évolution des technologies parait rapprocher le moment où les voitures volantes seront possibles. Le cabinet Wyman a recensé 170 projets de taxis volants dans le monde sur la base de nouveaux aéronefs légers et électriques (les VTOL : Vertical Take Off and Landing aircraft).  L’amélioration du stockage Lithium ion permet d’embarquer suffisamment d’énergie pour déplacer en aérien ce genre d’aéronefs pouvant embarquer quelques personnes pour des services de taxi volant. Les technologies à plusieurs motorisations électriques permettent des aéronefs stables et plus faciles à piloter qu’un hélicoptère, aussi moins bruyants. La mobilité autonome est techniquement plus facile à gérer dans les airs que sur terre où les aléas sont beaucoup plus imprévisibles. Les technologies semblent converger pour rendre le taxi volant possible. Les majors de l’aérospatial Airbus et Boeing ont des projets avancés, ainsi que plusieurs constructeurs automobiles et un grand nombre de start-up. Le patron de Boeing a déclaré que « d’ici 10 ans le ciel des villes américaines sera parcouru par des véhicules électriques autonomes. Ils amèneront  les gens à destination en évitant […]

La SNCF embarque Uber dans son application multimodale

Depuis plusieurs années, la stratégie de la SNCF est de proposer un trajet porte à porte à ses clients. C’est passé par le développement de services internes ( comme la livraison de bagages), puis l’acquisition externe (comme la start-up de covoiturage devenue IDVroom avant d’être vendu à Klaxit mi-2019). L’objectif : bâtir un service complet SNCF du point de départ du voyageur, jusqu’à son arrivée. Peine perdue … La SNCF se lance désormais dans la course pour être le point d’entrée des voyageurs dans la nouvelle vision MaaS (mobility as a service). Pour cela, l’application « Assistant SNCF » propose aux utilisateurs d’identifier, de réserver, voire de payer leur trajet porte à porte et tous les services associés (bus, vélo, taxi, vtc, …) dans l’application. La SNCF doit relever deux grands défis : se faire une place entre Google et Citymapper très actifs sur les trajets porte à porte en multi-modalités ; convaincre les voyageurs que les trajets multi-modaux sont aussi pratiques que la voiture – qui reste le moyen de transport privilégié des Français. Il s’agit d’un « couteau suisse » de mobilité, une porte d’entrée unique permettant de rester au sein de la même appli, elle-même rémunérée par des commissions de ses partenaires. Source : La SNCF embarque Uber dans son application multimodale | Les Echos

Une coopérative veut faire revivre la liaison ferroviaire Bordeaux-Lyon

L’ouverture à la concurrence des trains commerciaux en décembre 2020 a ouvert les débats autour de la gestion des sillons de voies ferrées, a fait émerger les noms de grandes compagnies intéressées par la France : Transdev, RATP, Trenitalia, Deutsche Bahn, etc. Aujourd’hui, c’est l’initiative d’une coopérative qui est mis en avant avec un projet de réouverture de la ligne Bordeaux-Lyon. Ce trajet a été abandonné par la SNCF en 2014. Les différents sillons de ligne sont toujours exploités pour des lignes régionales ou plus locales. L’objectif est de mettre en place « des services ferroviaires directs, confortables, sûrs, à un prix abordable ». Le temps de trajet sera d’une heure de plus que le TGV avec changement à Paris et le prix 2 à 3 fois moindre. Deux grandes questions restent en suspens : Railcoop va-t-elle acquérir ses propres trains ou sous-traiter cette partie ? Quels seront les services différenciants de Railcoop ? Le 15 juin, Railcoop comptait 539 sociétaires. Elle en vise 3 000, afin d’avoir le capital suffisant (1,5 million d’euros) pour aller au bout de son projet et demander une licence ferroviaire, payer une assurance ou acquérir du matériel. Si tout se passe comme prévu, Railcoop saura en septembre 2021 si SNCF Réseau lui accorde des sillons permettant la circulation des trains. Source : Une coopérative veut faire revivre la liaison ferroviaire Bordeaux-Lyon – Ville, Rail et Transports

De quoi la création d’un service de surveillance du marché est-elle le signe (ou le cygne) ?

Le dieselgate a cruellement mis en lumière le désarmement des Etats. Il a révélé l’absence des puissances publiques face aux industriels de l’automobile. Confrontés à l’inconcevable et l’imprévisible, ce fameux cygne noir cher à Taïeb, les Etats ont été fortement mis en cause. Les opinions condamnaient la confiance trop forte envers les industriels de l’automobile.

Forsee Power rêve de voir se généraliser les bus électriques en France | Les Echos

L’utilisation des bus électriques, par les collectivités locales, progresse fortement dans de nombreux pays, principalement en Chine ou la quasi totalité du parc est électrique mais aussi en Europe. Alors que la France, au sortir de la crise du COVID, annonce un plan de relance historique pour l’achat de véhicules propres, le Dirigeant de Forsee Power Christophe Gurtner, s’interroge sur les volumes de commandes qui seront réellement générés. Selon Christophe Gurtner, la France progresse plus lentement que ses voisins Européens en la matière, bien que le coût total d’un bus électrique soit désormais équivalent à celui d’un diesel. La société Forsee Power, qui lève 30 millions d’euros, compte bien sur une transformation concrète des mesures politiques en commandes publiques pour accélérer la commercialisation de ses systèmes de batteries pour bus électriques. « Sur 2021 c’est encore l’inconnue. Alors que la France est notre premier marché, nous sommes dépendants des commandes publiques. Or la crise a gelé les appels d’offres des collectivités locales. Nous espérons que les discours des gouvernements européens sur la nécessaire transition énergétique vont se traduire en volumes ! » Source : Forsee Power rêve de voir se généraliser les bus électriques en France | Les Echos

L’auto-partage, une filière triple A

Voilà un communiqué qui de prime abord peut paraître surprenant. Les pionniers français de l’autopartage ont lancé l’aventure au tournant des années 2000 : La Rochelle (1999), Strasbourg (2000), Rennes (2002). Compte tenu de l’histoire française de l’autopartage, de la dynamique des acteurs, on pourrait croire l’autopartage est déjà une filière. C’est chose faite ! Nombre d’entre eux se réunissent au sein d’une Association des Acteurs de l’Autopartage (AAA). Un triple A pour accélérer le développement Se fédérer doit permettre de réduire les coûts de sensibilisation du marché. C’est certainement l’un des constats des fondateurs regroupés au sein de l’AAA. Jusqu’alors chaque acteur réalisait ce travail colossal et coûteux de sensibilisation sans bénéficier de l’effet filière, un cluster au sens cher à Michael Porter à l’échelle nationale. Structurer une filière, c’est aussi transformer l’esprit pionnier pour l’enrichir d’une culture collective. Permettre aux différentes parties prenantes de la chaîne de valeur de l’autopartage d’atteindre une taille critique suffisante pour défendre les intérêts des acteurs, qu’ils soient fournisseurs de solutions, opérateurs (public ou privé) de services ou entreprises intégrées. Et envisager de nouvelles synergies ? Un triple A pour rassurer et valoriser Certains des fondateurs de l’AAA ont certainement à cœur de démontrer que l’autopartage n’a jamais été le seul fait d’Autolib et qu’ils sont des acteurs matures, résilients et professionnels sur lesquels les collectivités locales peuvent donc compter. La structuration de la filière a aussi pour vocation d’améliorer la connaissance de la diversité des formes d’autopartage. L’AAA promouvra la diversité et […]

Mercedes-Benz abandonne l’hydrogène pour les voitures particulières et mise sur les camions

Dans le domaine des carburants alternatifs et de la mobilité propre, à la question « Quelle technologie (et donc quelle énergie) pour quel usage », Mercedes-Benz, filiale de Daimler, a clairement tranché face à l’analyse des qualités techniques et économiques (poids, coût, encombrement) des technologies. Le constructeur abandonne le développement de l’hydrogène (pile à combustible) à destination du marché des voitures particulières (après 30 années d’investissement de R&D) pour lui préférer le segment des véhicules lourds estimant qu’un « groupe motopropulseur à pile à combustible est mieux adapté aux gros camions ». Source : Mercedes-Benz dit adieu à l’hydrogène pour les VP – automobile-entreprise.com

Covid 19 / Des attentes clients à réinterroger

La crise due au COVID19 provoquera-t-elle un changement durable de nos comportements de mobilité ? La pratique du vélo a augmenté, le télétravail s’est généralisé, notre appréhension de l’espace a été remaniée (ces rues désertes, ces villes silencieuses, ces chemins de proximité retrouvés ou découverts), nous sortons masqués. Bon gré mal gré, nos comportements de mobilité ont été modifiés et avec eux, notre perception du risque a indéniablement changé pour plébisciter des modes de transport plus individuels, de plein air. Cette période va-t-elle ouvrir la porte à une gamme plus diversifiée de modes de transport ou au contraire un retour massif à « l’autosolisme » ? Ces changements bouleversent le positionnement de beaucoup d’offres (taxis, VTC Uber, Lyft, Lime…). Les cartes sont rabattues et certains se retrouvent avec une longueur d’avance (cacao Mobility). Dans le secteur de la mobilité, les attentes des clients sont à réinterroger – d’urgence-. Les marchés évoluent dans le temps, rapidement ces temps-ci. Sources : Pourquoi le MaaS est l’avenir du transport – simplifier-la-mobilite.tumblr.com Caocao Mobility : tradition et modernité – www.mobilitesmagazine.com Lyft, Uber, Lime : les géants de la mobilité secoués par le Covid-19 | Les Echos Uber durcit son plan d’urgence et se recentre sur l’essentiel | Les Echos Comment les taxis G7 espèrent reconquérir leurs clients – Ville, Rail et Transports Covoiturage, taxis : le match du transport à moindre risque | Les Echos

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