Renforcer l’attractivité et la compétitivité de la France dans l’automobile et la mobilité de demain

Rapport des Ministères économiques et Financiers

L’industrie automobile était le moteur moderne de l’économie et de l’emploi en France durant ces dernières décennies. On compte encore 140 000 entreprises et 800 000 salariés sur tout le territoire Français. Depuis quelques mois / années, cette industrie se confronte à de grandes transitions : écologique, numérique, sociétale. Ceci se traduit par des véhicules qui seront plus propres, plus autonomes et de nouveaux services de mobilité.

L’objectif de ce rapport est de proposer des actions pour que la France reste l’un des leaders dans l’automobile et la mobilité de demain. Nous vous en proposons une synthèse ci-dessous.

Faire de la France un pays leader des véhicules à faibles émissions

A partir de 2021 au sein de l’Union Européenne, la moyenne des émissions de CO2 des gammes de véhicules vendues par chaque constructeur ne devra pas dépasser 95 g / km pour les véhicules particuliers et 147 g / km pour les véhicules utilitaires et dès 2020, l’objectif devra être atteint pour 95% des véhicules particuliers vendus. C’est un objectif très ambitieux pour les constructeurs car les émissions moyennes ont eu tendance à augmenter à cause de la baisse de la vente des véhicules diesels, de croissance du marché des SUV tout cela dans un contexte de nouvelle norme de mesure des émissions. La hausse des ventes de véhicules électrifiés va donc être un levier très fort pour les constructeurs et la France doit être un acteur majeur de cette accélération.

Pour agir sur l’offre: une gamme s’adressant à une clientèle plus nombreuse et des capacités de production prêtes pour accélérer

La transition vers l’électromobilité passe d’abord par une gamme plus large de véhicules électriques, des moyens de production plus importants et une adaptation des réseaux de vente. Ces engagements ont déjà été pris par les constructeurs français dans le Contrat stratégique de la filière Automobile.

Pour agir sur la demande: visibilité sur le bonus écologique, mesures d’incitations pour les entreprises et les usagers et commande publique renforcée

La mission recommande de fixer une trajectoire lisible pour les trois années à venir des différents bonus écologiques, de maintenir les aides aux entreprises sur les véhicules électriques et d’adapter la règle de calcul de l’avantage de mise à disposition d’un véhicule de fonction quand il est électrique et d’étendre tout cela aux hybrides rechargeables. Elle conseille aussi de renforcer le rôle des collectivités publiques sur l’usage des véhicules électriques.

Pour agir sur les infrastructures: lever les obstacles à la recharge à domicile et hors domicile

Il est nécessaire de garantir à l’horizon 2021 le pré-équipement des bâtiments neufs et rénovés et de poursuivre le travail en cours de droit à la prise et de proposer systématiquement une offre packagée d’installation de borne de recharge chez les concessionnaires. Pour les entreprises, la mission recommande de simplifier la mise à disposition de points de recharge par les entreprises à leurs salariés en neutralisant l’avantage en nature correspondant.

En synthèse, il convient de mener toute action facilitant l’installation de bornes de recharges sur le domaine public et privé et en fluidifiant le parcours utilisateur.

Pour sensibiliser l’opinion publique sur l’électromobilité par la diffusion d’un discours argumenté et précis sur ses bénéfices

La mission recommande de lancer une grande campagne de communication sur les atouts des véhicules électrifiés notamment sur des éléments liés à l’économie et l’écologie, au plaisir de conduite, ..

Faire émerger une filière industrielle européenne de batteries et favoriser le développement de la filière semi-conducteurs

La mission recommande de lancer la création d’une filière française et européenne de production de cellules de batteries, capable de se hisser parmi les leaders mondiaux tout en sécurisant l’approvisionnement en matières premières critiques pour les batteries et en favorisant le développement de la filière européenne de semi-conducteurs.

Pour soutenir la filière française de recyclage des batteries

Il convient de soutenir les efforts de R&D sur le recyclage des batteries pour en faire une filière compétitive.

Accompagner la transition industrielle vers l’électromobilité

Cet objectif est mené en grande partie par la PFA et la mission reprend ses actions engagées qui placent les constructeurs et les équipementiers de rang 1 comme meneurs de la conversion à l’électrique de la filière et de la conversion des sites industriels et de leurs salariés.

Préparer les technologies alternatives qui devraient contribuer à la transition écologique à plus long terme

L’électromobilité n’est pas la seule solution attractive pour demain. La mission recommande donc d’élargir la réflexion en créant des groupes de réflexions ou en suivant les avancées des groupes existant pour :

  • Pour investiguer le potentiel du « vehicle-to-grid », notamment en matière de modèle économique ;
  • Pour investiguer les potentiels de la recharge par induction dynamique et du swapping de batteries ;
  • Pour construire une roadmap pour une mobilité hydrogène propre et abordable ;
  • Pour poursuivre l’effort de soutien de la filière des biocarburants.

Développement de véhicules autonomes : un sursaut français est nécessaire

De multiples technologies sont nécessaires pour concevoir, fabriquer puis opérer un véhicule autonome. A l’international, des pôles forts de compétences existent, il convient de plus structurer les pôles technologiques toulousains et franciliens pour faire de la France un pôle international.

Pour accélérer le développement des briques technologiques du véhicule autonome par les acteurs français

Il faut créer et gérer et une liste de startups et ETI françaises positionnées  sur les briques de base nécessaires aux véhicules autonomes et la diffuser auprès des constructeurs et des équipementiers de rang 1.

Pour fédérer les acteurs majeurs autour d’une plateforme commune de véhicule autonome et obtenir une base commune franco-allemande des données de roulage et des situations critiques de conduite

Un rapprochement avec les constructeurs allemands intéressés par le développement d’une plateforme commune de voiture autonome permettrait une avancée plus rapide et la mise en commun de données communes sur les situations de conduite des voitures autonomes testées.

Pour favoriser les expérimentations de véhicules autonomes

La mission recommande d’assouplir le cadre réglementaire sur les expérimentations : action déjà engagée mais pas suffisante.

Pour accélérer l’élaboration d’un cadre réglementaire européen sur la certification et l’homologation des véhicules autonomes en Europe et en France

Il convient d’accroître les ressources dédiées à ces tâches et de prendre le lead sur les travaux au niveau international.

Pour créer les conditions d’acceptabilité sociale du véhicule autonome

Les jeux olympiques de Tokyo 2020 peuvent permettre une prise de conscience des cas d’usage d’utilisation des véhicules autonomes par le grand public.

Favoriser le développement des services et des acteurs de la mobilité en France

Pour favoriser le développement du marché des nouveaux services de mobilité

La mission conseille de privilégier les offres de mobilité avec les bénéfices les plus importants en matière environnementale et organisationnelle en créant, par exemple, un forfait mobilité durable et la promotion de l’autopartage électrique.

Elle préconise aussi de soutenir les entreprises françaises à fort potentiel dans les nouveaux services de mobilité et d’ingénierie de la mobilité et de susciter et soutenir quelques pilotes opérationnels de mobilité partagée à la demande permettant l’introduction progressive de véhicules autonomes et la mise en place d’un écosystème lié.

Miser sur les points forts de la France pour renforcer son attractivité dans l’automobile et les filières industrielles associées

Il est nécessaire de faciliter le soft landing pour les industriels en créant un guichet unique pour les industriels envisageant l’implantation en France et leur permettre de s’installer, de trouver des subventions, de recruter, de trouver des partenaires rapidement.

Il faut aussi suivre et accompagner les projets d’investissements connus dans l’automobile, la mobilité, les batteries ou les semi-conducteurs, tout en les protégeant en encourageant la réciprocité dans les relations commerciales avec les pays étrangers : par exemple, en assurant que les marchés étrangers sont accessibles aux batteries européennes ou en taxant les batteries en prenant en compte leur empreinte CO2 complète.


Retrouvez le rapport complet (71 pages) sur https://transitions.bzh/mobilites/wp-content/uploads/2019/06/Mission_filiere_automobile_Public.pdf

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