Livre inOut

7 clés pour décrypter les mobilités

En attendant l’événement 2020, inOut a sorti cet été un livre blanc, synthèse de l’événement 2019, explorant les mobilités d’aujourd’hui et de demain à travers les sept clés que sont : les transitions, la Mobility as Service (MaaS), la donnée, l’innovation, le véhicule autonome, la ville de demain et les nouvelles énergies.

Les transitions

Que ce soit par le biais de la transition numérique, énergétique ou sociétale, les mobilités changent pour répondre aux nouvelles contraintes et aux nouveaux besoins. Le numérique a permis de partager facilement des trajets, des voyages, des véhicules. Côté comportements, le modèle de la voiture individuelle possédée par chacun s’étiole. Et côté énergies, les nouveaux véhicules électriques et hydrogènes se multiplient.

Du moins, ce constat est clair dans les zones urbaines. Qu’en est-il en zone rurale ? Comment faire pour que la “démobilité”, les mobilités douces, l’intermodalité n’impactent pas trop fortement les zones moins denses ? Les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) sont sûrement indispensables pour réguler tout cela. Les collectivités sont sûrement les mieux placées pour le faire. Mais seront-elles s’emparer des nouveaux usages de la mobilité ?

La Mobility as Service (MaaS)

La MaaS est là, mais la masse ne le sait pas. L’objectif clairement défini : être “encore mieux que la possession d’une voiture”. Les services sont disponibles : planification d’itinéraires porte-à-porte, billettique unique et multimodale, transports interstitiels … Le défi reste de faire de tout cela un moyen de déplacement pour tous. Il n’existe sûrement pas une solution unique pour tous et c’est bien là l’avantage du MaaS : agréger des mobilités et des services pour personnaliser en masse le déplacement de chacun. 

Une MaaS pensée utilisatrice et utilisateur signifie l’intégration et l’interopérabilité des moyens de transports et des services qu’ils soient publics, privés, concurrents … Les AOM auront encore un rôle à jouer pour développer la MaaS et la faire vivre en zone non dense.

La donnée

“Sans données, pas de mobilités intelligentes” : que ce soit les données utilisées pour calculer le trajet d’un utilisateur ou les données utilisées pour optimiser un réseau de bus ou voir l’impact d’une nouvelle ligne de métro. La donnée est donc devenu le pétrole des nouvelles mobilités.

Mais qui régule les données ? Entre obligation de fournir des données entre acteurs des mobilités ou en Opendata, les AOM sont encore attendues sur le sujet.  De plus, la distinction entre les données qui peuvent être ouvertes et les données plus sensibles reste un enjeu fort. Ce qui est sûr, c’est que connaître les données de mobilités d’une personne peut en révéler beaucoup sur elle (domicile, travail, fréquentation d’un établissement de santé …). Alors quels éléments de confidentialité seront abandonnés au profit de services et vice versa ?

L’innovation

Qui dit nouvelles mobilités, dit innovations, il en va de soi. Mais quels acteurs les apportent, les soutiennent, les déploient ? Car même si les mobilités sont un secteur largement investi par les acteurs économiques privés, elles touchent les territoires et les citoyens.

Les territoires, collectivités peuvent-ils être vraiment des acteurs de l’accélération de ses innovations ? Bien sûr, ils en sont l’acteur majeur en simplifiant la réglementation, facilitant les expérimentations, … Même si les acteurs publics s’en emparent, il faut encore trouver les moyens de passer des expérimentations à un déploiement plus large, introduire la notion de prise de risque et d’investissement dans l’achat public…

Le véhicule autonome

La question qui résonne de plus en plus est : le véhicule autonome sera-t-il un jour une réalité ? Technologiquement parlant, cela avance vite. C’est plutôt du côté de l’impact qu’il peut avoir sur l’organisation des territoires et des mobilités qu’il faut voir quelques problèmes. Plusieurs études montrent des scénarios où la voiture autonome individuelle est synonyme de plus de pollution, plus de congestion, un plus grand fossé social … Mais véhicule ne veut pas dire véhicule. 

Les véhicules presque totalement autonomes de demain seront des transports collectifs, comme les navettes Transdev. Les voitures, quant à elles, resteront sûrement longtemps de niveau 1 ou 2, voire 3 pour quelques véhicules haut de gamme. Les niveaux supérieurs demandent la gestion de l’incertitude et, par là même, de l’intelligence artificielle avancée.

Mais un véhicule autonome pour quoi ? Le bénéfice numéro 1 visé est la réduction de l’accidentologie ! Toutefois, le public est dur à séduire. L’imaginaire collectif s’accroche aux accidents survenus ces dernières années et au “fameux” test du MIT “Machine Morale” vous demandant qui la voiture doit “tuer” entre deux situations – la réalité étant que la voiture autonome baissera le nombre d’accidents graves.

La ville de demain

La ville s’équipe de nouvelles mobilités, de la MaaS, d’innovations. Ce n’est, toutefois, pas suffisant. La ville elle-même est un levier pour les mobilités – en tant qu’AOM bien sûr mais aussi sur le plan de l’urbanisme. Interdire les voitures, quelle bonne idée ! Si les personnes vivants en ville peuvent avoir accès à des magasins et des services sans sortir de la ville ou avec des moyens de transports pour le faire ; si l’organisation des livraisons en ville le prévoit aussi… 

Interdire en ville toutes les voitures sauf les taxis, les VTC, les professionnels, les livraisons, cela laisse-t-il la possibilité de revoir l’urbanisation … La ville doit commencer à se penser sans les routes, sans les parkings car sans les voitures.

Les nouvelles énergies

« Si le carburant est la limite, le changement de paradigme, c’est de faire sans carburant. » a dit Bertrand Piccard, Explorateur et président de la fondation Solar Impulse. De là est né Solar Impulse, un avion solaire pouvant voler à l’infini ! Est-ce imaginable pour un véhicule terrestre ? Eco Solar Breizh s’en est donné le pari pour 2020. Le véhicule doit devenir une source d’énergie pour le réseau électrique (“vehicle to grid”) et non l’inverse.

A côté de cela, d’autres énergies s’invitent. Le bioGNV, Gaz Naturel Véhicules, se positionne comme l’énergie de transition, l’hydrogène comme le carburant de demain – même pour les vélos.

Pour avoir un aperçu de tout cela, la ville a visité est Singapour !

Sentez-vous libre de retrouver le livre blanc dans son entièreté sur le site d’inOut 2020

https://www.inout2020.com/livre-blanc/62

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