2017 : Le GNV, Gaz Naturel pour Véhicules, passe la première !

Des transporteurs investissent et des chargeurs donnent le LA

En 2017, plusieurs transporteurs (STAF, Franprix, Mendy…) se sont équipés de flottes de véhicules GNV conséquentes. Par exemple, le transporteur Jacky Perrenot vise les 1000 camions au gaz d’ici 2020 et portera sa flotte à 550 unités fin 2018, une commande qualifiée d' » historique  » auprès du constructeur Iveco. Le groupe logistique belge Jost[1] a pour ambition de convertir 35 % de sa flotte au gaz naturel d’ici 2020. En 2017, il a passé commande de 500 camions GNL, Gaz Naturel Liquéfié, à Iveco (Stralis NP) destinés à remplacer ses anciens modèles diesel. Les 150 premiers véhicules entreront en service dans le courant de l’année 2018. Carrefour[2] annonçait au mois d’août dernier, être le 1er distributeur français à déployer d’ici fin 2017, 200 camions roulant au biométhane pour réduire l’impact environnemental des livraisons des 250 magasins urbains de l’enseigne. Les Echos titraient en mars 2017  » Le transport routier fait sa révolution au gaz « [3]. La France est en passe de se positionner comme le premier marché européen pour les poids-lourds GNV.

A savoir

Le GNV, gaz naturel pour véhicule, se compose à plus de 95 % de méthane. Il se décline en deux types de carburant :
– le GNC (Gaz Naturel Comprimé), méthane comprimé à 200 bar, sous forme gazeuse,
– le GNL (Gaz Naturel Liquéfié), sous forme liquide.

Les gammes s’étoffent et les motorisations décollent

Plusieurs constructeurs proposent des gammes de plus en plus étendues, pour le moment IVECO[4] et SCANIA en tête, VOLVO Trucks et RENAULT Trucks dans une moindre mesure. Le salon Solutrans[5], salon international des solutions de transport routier et urbain, s’est déroulé du 21 au 25 novembre 2017 à Lyon. Des nouveautés y ont été exposées. Ainsi, IVECO y a présenté une nouvelle version de son Stralis Natural Power, équipé d’une nouvelle motorisation offrant désormais une puissance de 460 ch pour un couple de 2000 Nm (IVECO CURSOR 13). Ce Stralis NP[6] équipé de doubles réservoirs GNL offre une autonomie pouvant dépasser les 1 500 km. A suivre cette année le Salon SITL[7], Salon International du Transport et de la Logistique, qui se tiendra du 20 au 23 mars à Paris Nord Villepinte, le GNV devrait encore y apporter son lot de nouveautés.

 

Les pouvoirs publics impulsent mais peuvent mieux faire

Les pouvoirs publics ont également donné des signaux positifs cette année via des évolutions de la règlementation, des références au GNV dans leurs stratégies et des appels à projets.  Les pouvoirs publics ont soutenus la filière avec 2 mesures favorables dans la Loi de Finances 2018[8] à savoir le gel jusqu’en 2022 du taux de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) et le prolongement jusqu’au 31 décembre 2019 du dispositif de suramortissement pour les achats de véhicules de poids total autorisé en charge (PTAC) supérieur ou égal à 3,5 tonnes qui utilisent exclusivement comme énergie le gaz naturel et le biométhane carburant, ou le carburant ED95. L’appel à projets national[9] «  Solutions intégrées de mobilité GNV « , lancé par l’Etat et l’ADEME dans le cadre de l’action  » Démonstrateurs de la transition écologique et énergétique  » du Programme d’investissements d’avenir (PIA) soutient le déploiement des stations de distribution de GNV et des flottes de véhicules s’y approvisionnant. Ce dispositif encouragera le déploiement de 100 nouvelles stations d’approvisionnement en GNV dans les 4 prochaines années sur le territoire national, associées à la mise en service de 2 100 véhicules équivalent poids-lourds dédiés au transport de marchandises.

Toutefois, la France n’a pas échappé à la piqure de rappel de l’Europe[10] qui jugeait en novembre les ambitions des plans d’actions nationaux, en matière de carburants alternatifs, insuffisantes. Seuls quatre pays européens (Hongrie, Italie, Belgique et République Tchèque) priorisent la technologie GNC.

 

Une bibliographie enrichie et des projections prometteuses

Plusieurs publications sont venues étoffer la littérature du GNV. Citons :

  • Le livre blanc « Le Gaz Naturel pour la filière des véhicules industriels » paru en septembre 2017 regroupant les conclusions d’un travail collectif de la PFA (Plateforme de la Filière Automobile & Mobilités), en collaboration avec la FFC (Fédération Française de la Carrosserie) et l’AFGNV.
  • À l’occasion de la publication du bilan prévisionnel pluriannuel commun de la demande de gaz en France, GRDF, GRTgaz, le SPEGNN et TIGF estiment que le GNV pourrait représenter jusqu’à 10 % de la demande de gaz à l’horizon 2035.
  • Un Rapport de l’Ademe «  Ademe vision 2035/2050  » paru en octobre 2017. Selon l’ADEME, le GNV pourrait représenter 32 % des ventes de véhicules neufs en France à l’horizon 2050 avec un premier palier fixé à 16 % en 2035.

Pour plus d’informations, retrouvez ces publications et des informations complémentaires sur http://www.mobilites-biognv.bzh/liens-utiles


Une réponse concrète et mature aux enjeux territoriaux

Les Jeux olympiques d’été de 2024 seront célébrés à Paris. Les organisateurs visent « une approche exemplaire et innovante en matière d’efficacité énergétique, d’utilisation des ressources en eau, de réduction des gaz à effet de serre et de résilience climatique » indique la mairie de Paris[11] dans un communiqué. La qualité de l’air va devenir un sujet central. Les transporteurs devront s’adapter s’ils veulent continuer à livrer les centres urbains. Les véhicules roulant au GNV sont clairement une alternative. D’ailleurs, la mairie de Paris  propose d’ores et déjà des aides à l’acquisition de véhicules propres[12]. Des Collectivités mettent en place des zones à circulation restreinte. Des Communautés de communes se mobilisent pour l’attractivité de leur territoire (valorisation de biomasse, mise en place de réseau de stations publiques d’avitaillement).

Les Régions planchent pour la plupart sur leur SRADDET (schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires), SRCAE (schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie) et autres, notamment le schéma régional biomasse qui fixe des orientations et planifie des actions régionales concernant les filières de production et de valorisation de la biomasse susceptible d’avoir un usage énergétique (bioGNV).

 

Fort à parier que ce sujet du GNV continuera à prendre de l’ampleur en 2018 car il apporte une réponse concrète et compétitive à des enjeux territoriaux et économiques.

 

Vous êtes intéressé par le sujet du GNV ? Abonnez-vous à la newsletter mensuelle sur http://www.mobilites-biognv.bzh/ et suivez les news sur Twitter : @BioGNVbzh