Crédibles les taxi volants ?

La voiture volante est un fantasme ancien, une vision du futur mobile libéré de l’apesanteur. L’automobile a permis pour ceux qui y ont accès une formidable liberté. Une liberté néanmoins à une dimension, le long de la route, route victime de son succès et de plus en plus saturée compromettant  la liberté acquise. La voiture volante donnerait d’un coup 3 dimensions de liberté, plus besoin de route !

Le service de taxi volant techniquement pour bientôt

L’évolution des technologies parait rapprocher le moment où les voitures volantes seront possibles. Le cabinet Wyman a recensé 170 projets de taxis volants dans le monde sur la base de nouveaux aéronefs légers et électriques (les VTOL : Vertical Take Off and Landing aircraft).  L’amélioration du stockage Lithium ion permet d’embarquer suffisamment d’énergie pour déplacer en aérien ce genre d’aéronefs pouvant embarquer quelques personnes pour des services de taxi volant. Les technologies à plusieurs motorisations électriques permettent des aéronefs stables et plus faciles à piloter qu’un hélicoptère, aussi moins bruyants. La mobilité autonome est techniquement plus facile à gérer dans les airs que sur terre où les aléas sont beaucoup plus imprévisibles. Les technologies semblent converger pour rendre le taxi volant possible.

Les majors de l’aérospatial Airbus et Boeing ont des projets avancés, ainsi que plusieurs constructeurs automobiles et un grand nombre de start-up. Le patron de Boeing a déclaré que « d’ici 10 ans le ciel des villes américaines sera parcouru par des véhicules électriques autonomes. Ils amèneront  les gens à destination en évitant les artères aujourd’hui congestionnés ».   Outre les freins réglementaires considérables, la nécessité d’être pilote pour être capable de se déplacer en 3D, la question clé de la viabilité de ce moyen de transport est celle de son efficacité énergétique. S’arracher à l’apesanteur procure certes une grande liberté mais requiert une très grande énergie.

Crédible dans un monde ou l’énergie devient rare ?

A l’heure où les constructeurs déploient une grande énergie pour électrifier les automobiles, où les villes développent l’usage du vélo, est-il crédible que le taxi volant puisse être compatible avec la nécessaire efficacité énergétique qu’impose la transition énergétique ? Dans un monde de rareté, l’efficacité énergétique des systèmes devient en effet déterminante. On peut penser que les technologies les plus efficaces sur le plan énergétique s’imposeront pour cette raison. Une étude de l’université du Michigan semble néanmoins démontrer un bilan théorique favorable par rapport à un véhicule électrique dès l’instant où la distance est suffisante pour réduire l’impact du décollage (>100km) et où le taxi embarque suffisamment de monde (3 personnes en plus du pilote). C’est prendre une référence automobile actuelle incompatible avec l’exigence écologique; celle-ci devra évoluer avec des véhicules plus légers, moins consommateur et vers un usage plus partagé notamment pour des trajets longs et une meilleure régulation de la smart city. Nulle doute que le voyage aérien restera plus consommateur que son homologue terrestre qui dispose de levier d’optimisation considérables.

Ce handicap énergétique du taxi volant pourrait bien repousser à plus tard l’avènement massif de la voiture volante, tout comme la perspective de la voiture autonome s’est reculée d’une bonne quinzaine d’années devant la complexité et le besoin prioritaire pour les constructeurs de décarboner l’automobile avant de la rendre autonome.

A lire : https://www.usine-digitale.fr/article/taxis-volants-le-point-sur-la-technologie-le-business-model-les-principaux-projets-et-les-defis-restants